Forum des associations : nos rivières d’abord
« Le Pêcheur Barbezilien » était présent au forum des associations avec ses bénévoles. Nous y étions pour présenter nos activités, rencontrer le public et accueillir de nouveaux adhérents. Mais nous y étions surtout pour porter un message clair : l’état de nos rivières exige une réaction immédiate.
La pêche n’est pas un simple loisir que l’on pratique quand l’eau est là. Elle nous place au contact direct des milieux aquatiques et nous oblige à regarder en face ce que beaucoup préfèrent ignorer : nos cours d’eau s’épuisent.
Nos activités attirent, mais sans eau elles n’auront plus de sens
L’Atelier Pêche Nature de Grande Champagne rencontre un succès tel que seules des préinscriptions pour la saison 2027-2028 pouvaient être prises.
La « Section Mouche » reste, elle aussi, ouverte à celles et ceux qui souhaitent partager des techniques, des sorties et des savoir-faire. Mais aucune activité de pêche, aucune transmission, aucune passion ne pourra survivre longtemps si les rivières deviennent des lits à sec.
La sécheresse de 2026 constitue un signal d’alerte majeur. Elle met une nouvelle fois en évidence la grande vulnérabilité de nos rivières ainsi que les limites des réponses apportées. Lorsque l’eau vient à manquer, les conséquences dépassent largement la mortalité piscicole : c’est l’ensemble de l’équilibre écologique qui est fragilisé. Des solutions existent ; il faut désormais arbitrer clairement les usages, y compris dans le domaine sportif, afin de placer la préservation de l’eau au premier rang des priorités collectives. C’est aussi l’image des partenaires et des entreprises concernées qui est en jeu lorsque leur soutien financier accompagne des pratiques contribuant à la dégradation du milieu aquatique.
Biodiversité, qualité de l’eau, vie aquatique, alimentation des nappes : tout est lié. Continuer à traiter ces alertes comme des sujets secondaires revient à accepter la dégradation progressive de notre patrimoine commun.
Nous avons alerté tout l’été
Tout l’été, nous avons multiplié les alertes par notre blog et par la presse lorsque nos messages étaient relayés. Pourtant, l’urgence reste trop souvent minimisée tant que l’eau continue de couler au robinet.
Nous le disons sans détour : maintenir artificiellement des gazons comme si la sécheresse n’existait pas, pendant que les rivières s’assèchent, est irresponsable.
Nos banderoles n’étaient pas décoratives. Elles étaient là pour interpeller, provoquer le débat et rappeler une réalité que l’on préfère parfois tenir à distance. Si elles ont gêné, notamment l’UBJ, c’est qu’elles ont rempli leur rôle.
Ce qui devrait gêner, ce ne sont pas des banderoles. Ce qui devrait gêner, ce sont des rivières réduites à quelques flaques, des poissons piégés, des bénévoles contraints d’intervenir dans l’urgence et une indifférence encore trop largement partagée.
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Notre cible n’est pas le sport : c’est le gaspillage d’une ressource vitale
Notre position ne vise ni les sportifs, ni les clubs, qu’il s’agisse de football, de rugby ou d’autres disciplines. Ce que nous contestons fermement, c’est l’utilisation d’eau potable pour arroser des terrains alors que les prélèvements directs dans le milieu naturel sont interdits par arrêté préfectoral — et que, bien souvent, il n’y a plus assez d’eau dans les cours d’eau pour faire vivre leur faune.
2026, année de sécheresse, sera peut-être l’année du réveil des consciences. Alors que les alertes se multiplient et que les rivières s’épuisent, il est temps de regarder la réalité en face : la préservation de l’eau doit redevenir une priorité collective et guider les décisions publiques.
Parce qu’elle arrive au robinet, l’eau potable donne l’illusion d’être disponible sans conséquence. C’est faux. Lorsqu’elle est utilisée pour arroser, elle devient prioritaire sur le débit réservé au milieu aquatique. Autrement dit, l’eau qui pourrait soutenir nos rivières est captée et consommée ailleurs.
Cette eau provient de nappes situées en bordure des rivières. Les solliciter davantage, c’est fragiliser encore des milieux déjà au bord de la rupture. Les interconnexions pourront peut-être masquer le problème un temps. Elles ne le régleront pas. Jusqu’où faudra-t-il aller avant d’admettre que le modèle doit changer ?
On nous répond que l’arrosage des terrains ne représenterait que 1 % de la consommation d’eau. Mais ce chiffre, même s’il était confirmé, ne saurait servir d’excuse. Quand une rivière est à sec, chaque mètre cube compte. Quand un milieu aquatique s’effondre, aucun gaspillage n’est acceptable.
Des solutions existent : sobriété réelle des usages, respect strict des arrêtés, protection effective des milieux aquatiques, anticipation des sécheresses et choix politiques à la hauteur de l’urgence. Mais ces solutions exigent autre chose que de bonnes intentions. Elles exigent du courage, du contrôle et une mobilisation durable.
Notre position est claire : l’eau doit d’abord servir à préserver la vie, les milieux naturels et l’intérêt général. Si nous voulons encore des rivières vivantes demain, il faut cesser de détourner le regard aujourd’hui. Nous appelons chacun — élus, responsables associatifs, usagers et citoyens — à prendre ses responsabilités. Maintenant.
Engagez-vous à nos côtés. Le Pêcheur Barbezilien appelle toutes celles et tous ceux qui refusent de voir disparaître nos rivières à rejoindre la mobilisation pour les prochaines années. Le milieu aquatique est en danger ; il a besoin de voix fortes, de bénévoles actifs et d’une vigilance collective.
Concrètement, nous devons agir ensemble pour :
- Défendre nos rivières et les milieux aquatiques qui en dépendent ;
- Préserver la biodiversité, la qualité de l’eau et la vie piscicole ;
- Alerter lorsque les usages de l’eau deviennent incompatibles avec l’urgence écologique ;
- Obtenir des décisions publiques à la hauteur de la situation.
Ne laissons pas nos rivières mourir dans l’indifférence. Rejoignez que bénévole "Le Pêcheur Barbezilien" et faisons entendre, ensemble, l’exigence d’une eau protégée et d’un milieu aquatique vivant.
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